Un zeste de vintage et des objets détournés, un peu de restauration, de la chine et beaucoup de récup, voilà mon idée de la décoration !
Il était un soir où un homme s'est installé sur le banc en face de chez nous. Un homme, ses sacs, sa barbe et sa cigarette. Un homme posé là. C'était la fin de l'hiver mais l'hiver trainait encore et il m'était impossible d'imaginer qu'il dormirait dehors, là, devant ma maison. Pourtant je n'ai pas eu le courage de l'inviter à entrer. Nous (les enfants et moi) sommes allés à sa rencontre. "Vous avez faim ?" "Vous avez besoin de quelque chose ?" Avons-nous hasardé après nous être présentés. Pablo nous a répondu dans un fort accent espagnol et nous n'avons pas tout compris des quelques mots prononcés mais nous sommes retournés à la maison nous affairer aux fourneaux et dans les placards. Qui un bouillon, qui un dessert, des couverts, un sac à dos... Il a semblé ravi par notre repas chaud mais à refusé le sac à dos. Pas pratique. Une couverture ? Non, ça va... Nous avons discuté, un peu, et puis nous sommes rentrés, le laissant à son plat. De retour chez nous, nous nous sommes regardés sans réellement pouvoir définir notre sentiment. Oui, nous étions heureux de cette rencontre, oui, nous espérions avoir pu lui apporter un peu. Mais ensuite, qu'avions nous fait de plus ? Nous n'avons pu nous décoller de la fenêtre, allait-il rester là ? Pourrions nous rester au chaud le sachant au froid ? Et puis Pablo a disparu. Il devait être 22h. Parti un peu plus loin peut-être ? Ailleurs en tout cas. Plus sous notre fenêtre.
Finalement, je ne suis pas bien fière de moi, sûrement ai-je été soulagée de ne pas avoir à décider si oui ou non, je laissais cet homme dormir dehors...